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Démarche Développement durable

De quoi se nourrissent les abeilles du lycée ?

Par VINCENT TOURAILLE, publié le dimanche 28 juin 2020 12:44 - Mis à jour le dimanche 28 juin 2020 14:32
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Grâce à des élèves de Seconde et de Terminale SSVT aidés de leur professeur, Monsieur CANS, nous avons une première idée des essences d'arbres et de plantes butinées par les abeilles du rucher du lycée.

Cette recherche, appelée "étude pollinique", est basée sur l'identification de grains de pollen contenus dans le miel que nous avons récolté en août 2018.

La méthode consiste, à l'aide d'un microscope, à identifier des grains de pollens contenus dans des échantillons de miel en les comparant à une base de données contenant des images de grains de pollen avec des clés de détermination. Préalablement, les pollens sont colorés à la fuschine en milieu glycériné .  

C'est de cette manière qu'un apiculteur peut commercialiser ses miels en les identifiant "miel d'acacia" ou encore "miel de sapin" etc...  La réglementation sur l'affichage des pots de miel précise qu'un miel peut être appelé "miel de X" si au moins 75% des pollens contenus dans ce miel sont des pollens de X ( ainsi, un miel dont 85% des pollens identifiés sont des pollens de tilleul pourra être appelé "miel de tilleul" ). Si aucun pollen ne représente plus de 75% de tous les types de pollens présents dans le miel, on dira que c'est un "miel toutes fleurs".

Dans les faits, dans une même ruche les abeilles diversifient leurs sources d'alimentation afin de rester en bonne santé. En effet, si elles ne consommaient qu'un même type de fleurs , elles seraient victimes de maladies ; un peu comme vous si vous mangiez le même hamburger d'une même enseigne de fastfood à longueur de temps. C'est notamment pourquoi la transhumance de ruches sur une même culture à travers la France (pratique que font certains apiculteurs dits conventionnels par exemple avec la culture du colza qui débute plus tôt dans le Sud Ouest qu'en Bauce) n'est pas respectueuse de l'équilibre des colonies d'abeilles et contribue à les affaiblir, les rendant encore plus vulnérables aux parasites et autres pesticides.

Nos ruches, elles, sont sédentaires; c'est à dire qu'on ne les déplace jamais. Cette pratique est celle naturellement adoptée par les abeilles : en effet, on n'a jamais vu l'arbre creux qui abrite un essaim sauvage se déplacer ...

L'image en tête d'article présente la répartition de l'alimentation de nos abeilles relevée dans le miel récolté en août 2018  :

Aucune essence ne dépasse 75%, donc c'est un miel toutes fleurs.

Regardons en détail, ce que les élèves ont pu voir au microscope (cliquer sur les images pour zoomer): 1 micron = 0,001 millimètre

 

 

 Une remarque encore sur les pollens de graminées identifiés :

Le Vulpin est une graminée qui, naturellement, pousse au milieu des blés (autres graminées).

Le Vulpin fait partie des espèces que certains agriculteurs dits "conventionnels" tentent de faire disparaître à l'aide d'herbicides.

Souvenez-vous ( voir article spécifique) de la mort de nos 3 ruches durant les vacances de printemps 2019. Eh bien, la molécule active identifiée dans l'herbicide cité dans cet article (Tablo 700) est le chlortoluron.

Quand on lit la brochure documentaire du fabricant de ce produit, on peut difficilement s'empêcher de faire des rapprochements...et ne pas s'agacer.

 

Un grand merci de la part des écodélégués aux élèves de seconde et de terminale SSVT qui, accompagnés par leur professeur, Arnaud CANS, ont réalisé cette première étude pollinique du miel des ruches du lycée.

 

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  • Année 2019-2020